Les violences sexuelles faites aux enfants : des cicatrices invisibles qui traversent toute une vie
- marinelouvel
- 3 oct. 2025
- 3 min de lecture
Le silence qui enferme
En France, 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Cela veut dire qu’en moyenne, toutes les trois minutes, un enfant subit un viol, des attouchements ou des gestes intrusifs qu’il n’aurait jamais dû connaître .Et pourtant, le sujet reste tabou. Comme le rappelle si justement le podcast Ou peut-être une nuit, “on ne parle pas de ces choses-là”… et c’est bien là que réside le problème. Le silence, l’omerta, la honte enferment les victimes, parfois pendant des décennies.
Aujourd’hui, on estime que 5 à 5,5 millions d’adultes en France ont subi des violences sexuelles dans leur enfance. Derrière ces chiffres, ce sont des vies marquées à jamais, des trajectoires bouleversées, des douleurs enfouies qui continuent de travailler en profondeur.
Comprendre le mécanisme du silence
Le silence qui entoure les violences sexuelles sur les enfants n’est pas toujours un silence choisi. Beaucoup de victimes parlent, parfois dès l’enfance. Mais elles ne sont pas crues, ou leurs paroles sont minimisées. Pour l’entourage, il est souvent trop difficile d’imaginer ces horreurs : l’idée est insupportable, alors on détourne le regard. On nie, on tait, on étouffe. D’autres victimes, elles, se taisent — par peur, par culpabilité, par sidération. Le cerveau met alors en place des stratégies de survie : dissociation, refoulement, mémoire traumatique. Dans tous les cas, le message reçu est le même : “il vaut mieux se taire”. Alors l’enfant apprend à grandir avec ce secret, à faire comme si de rien n’était… mais toujours au prix d’une immense souffrance intérieure.
Les conséquences à long terme d’un traumatisme non traité
Un traumatisme sexuel dans l’enfance ne disparaît pas avec le temps. Même si la personne a “appris à vivre avec”, il continue d’agir dans l’ombre et touche tous les pans de l’existence. Les recherches et témoignages concordent :
Troubles psychologiques : anxiété chronique, dépression, crises d’angoisse, état de stress post-traumatique.
Mémoire traumatique et dissociation : des pans entiers de l’histoire personnelle manquent, reviennent sous forme de flashs, ou s’imposent de manière incontrôlée.
Conduites à risques : consommation d’alcool ou de drogues, comportements sexuels non protégés, recherche de danger.
Difficultés relationnelles : confiance abîmée, peur de l’intimité, estime de soi fragilisée.
Somatisations : troubles du sommeil, douleurs chroniques, troubles alimentaires.
Risque suicidaire élevé : beaucoup de victimes ont pensé, ou tenté, de mettre fin à leurs jours.
Ces effets ne sont pas des “faiblesses personnelles”. Ils sont les conséquences directes d’un traumatisme subi dans l’enfance.
Pourquoi consulter peut changer une vie
Il est possible de vivre des années en silence, en se disant que “c’est derrière soi”. Mais un traumatisme non traité continue de peser sur la santé, les relations, la vie quotidienne. La thérapie permet de :
déposer ce vécu dans un cadre sécurisant,
comprendre les mécanismes à l’œuvre (mémoire traumatique, dissociation, répétition des schémas),
retrouver du pouvoir sur son histoire,
et, peu à peu, se libérer du poids de la honte et de la culpabilité.
Il ne s’agit pas d’oublier — il s’agit de réapprendre à vivre sans que le passé dicte chaque instant du présent.
Une note d’espoir
Les violences sexuelles détruisent, mais elles ne condamnent pas. Beaucoup de victimes, accompagnées, parviennent à se reconstruire, à retrouver une vie plus apaisée, à redécouvrir le plaisir, la confiance et l’élan vital. Mettre des mots sur l’indicible, dans un espace thérapeutique sûr, c’est déjà briser le silence. Et chaque silence brisé est une victoire contre la honte, contre l’isolement, contre la violence elle-même.





Commentaires